• Visite du Musée de Flandre à Cassel - Département du Nord - France

    Nos photos personnelles

    1. Exposition "La Figure, reflet de l'âme"

    " Incarner le divin "

         * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso  

    Noli me tangere

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

    Vierge à l'enfant

    " Le portrait d'apparat "

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

    Le mystère demeure à plus d'un titre concernant cet enfant : son identité tout d'abord n'est à ce jour pas dévoilée. D'après son riche costume, composé d'une fraise en dentelle à l'aiguille et d'une jaque dont la manche est surmontée d'un manteau à manche flottante, il s'agit certainement d'un prince de sang noble, d'environ quatre ou cinq ans.Le réalisme de ses traits, si ce n'est l'oreille qui paraît au contraire esquissée, ses grands yeux bruns ou son nez en trompette témoignent du talent de l'artiste. mais l'attribution reste en suspens : le catalogue des collections du Musée des Beaux-Arts de Dunkerque de 1870 mentionne le nom de Cornelis de Vos. Certains historiens de l'art ont également été tentés d'y voir la main de Frans Pourbus le Jeune.

    Tête d'enfant (Artiste inconnu) - Affiche de l'exposition (Photo A.B.)

      * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso          * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

                                                                               Portrait d'homme (Adriaen Thomasz Key)       Portrait de femme (Frans Pourbus le Vieux)

    (Photos Francine G. - Clio)

    Le portrait d'homme, ci-dessus, est caractéristique de la production d'Adrien Thomasz Key : c'est d'abord la précision quasi-photographique de la représentation qui interpelle. Chaque ride, chaque poil de barbe, chaque cheveu sont traités avec une extrême minutie, donnant une impression d'ensemble ultra-réaliste. Pour servir cette image, le cadrage est très resserré, offrant une vision plutôt austère de ce bourgeois anonyme. Le costume très strict s'inscrit dans la mode de cette seconde moitié du 16ème siècle. Le visage, vu de trois-quarts, se détache sur un fond sombre, où seuls les carnations, les cheveux et la fraise en taffetas, oscillent entre des nuances de gris et une blancheur immaculée.

    " Le portrait bourgeois "      (Photos Francine G. - Clio)

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

    Portrait de Ferdinand d'Autriche (Antoon van Dijck)

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

      Portrait de femme (David Teniers le Jeune)

    " Les études de têtes "    (Photos Francine G. - Clio)

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

     

    Portrait d'Henriette Marie de France (Frans Pourbus le Jeune)

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso  * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso  * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso  * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso  

                 Tête d'homme (Frans Floris I)                 Portrait d'un home (Jan van de Venne)         Tête de vieillard (Frans Floris I)                Tête de vieillard (Antoon van Dijck)

    " Les portraits de genre "    (Photos Francine G. - Clio)

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

     La "dispute" des quatre "Apôtres"

    Les Évangélistes sont représentés ici avec leur attribut :

    coin inférieur droit : l'homme ailé ou l'ange représente saint Matthieu,

    coin supérieur droit : l'aigle désigne saint Jean,

    coin supérieur gauche : le taureau représente saint Luc

    coin inférieur gauche : le lion (souvent ailé) saint Marc

    En haut et au centre, la colombe représente l'Esprit-Saint.

     Par le signe qu'il effectue de sa main gauche, saint Jean montre qu'il est un initié.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

     

     

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso   * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso   * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

             Les joueurs de cartes (Gillis Van Tilborgh)                                 Les joueurs de cartes (Théodore Rombouts)                             Le joueur de luth (Théodore Rombouts)

    2. Collections permanentes du musée

    Section "Pouvoir et justice"

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

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    Représentation des quatre vertus cardinales (Photos A.B.)

    La Prudence (un miroir et un serpent), la Tempérance (deux récipients avec l'eau passant de l'un à l'autre), la Force (un glaive) et la Justice (une balance)

    Section "Soumission et colère"

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     Scènes représentant différentes batailles ou sièges de villes (Photos Francine G. - Clio)

    Section "Entre terre et ciel"

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

     Vue du Château de Mariemont - (Photos Francine G. - Clio)

    Section "Mesure et démesure"

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     Schijtmanneke - (Photo A. B.)

    3. Le Musée récemment rénové (Photos de Francine G. - Clio)

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     Façade arrière du bâtiment rénové

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     * Exposition "La figure, reflet de l'âme" - photos perso

    Cour intérieure

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    La façade principale

    Mise en page : A. B .


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  • Entre Lille et Dunkerque, Cassel est un superbe bourg planté au sommet d'une colline, rare monticule dans un pays plat comme la main. En son centre se trouve le somptueux Musée de Flandre, ouvert en 2010, premier du genre consacré uniquement à la richesse culturelle de la Flandre des deux côtés de la frontière. Installé dans un ancien palais du 16ème siècle, dont la vue sur la plaine est époustouflante, le musée présente un panorama significatif de la peinture flamande.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Le Musée de Flandre (Photo Francine G. - Clio)

    Nous en connaissions l’existence, mais lors de nos visites précédentes à Cassel, le musée était en pleine rénovation.

    Ce dimanche 19 novembre 2017, nous sommes retournés à Cassel, au musée de Flandre voir l’exposition

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    « La figure, reflet de l’âme »

    Le musée départemental de Flandre, situé à Cassel, 26 Grand-Place en France, à un jet de pierre de la frontière et de notre domicile, propose jusqu’au 1er avril 2018, en collaboration avec le musée des Beaux-Arts de Dunkerque, une nouvelle exposition, un parcours qui nous a permis de découvrir l’évolution de la représentation de l’être humain par quelques peintres flamands

    Le seul musée consacré uniquement à mettre en lumière la richesse de l’identité culturelle flamande se trouve, paradoxalement, de l’autre côté de la frontière dans le nord de la France, à Cassel !

    L’Hôtel de la Noble Cour, une ancienne châtellerie entièrement restaurée, abrite le musée départemental du Nord. Ce très beau musée, qui a rouvert il y a sept ans, propose, en collaboration avec le musée des Beaux-Arts de Dunkerque, une nouvelle exposition qui ne se réduit pas au genre du portrait.

    À l’ère où le « selfie » est devenu une mode, cette exposition nous invite à réfléchir sur le visage et sa représentation par des peintres flamands aux 16ème et 17ème siècles. Que les allergiques au portrait se rassurent, cette exposition ne se penche pas uniquement sur ce genre, mais plus largement sur la représentation humaine dans la peinture flamande !

    Incarner le divin

    En préambule, les visiteurs sont appelés à découvrir la nouvelle acquisition du musée, une huile sur bois maniériste : « L'arrestation du Christ », une œuvre significative du courant anversois et attribuée au « Maître de 1518 » identifié comme étant Jan Mertens van Dornicke. Cette œuvre constitue le point de départ de l’exposition : « Comment incarner le divin ? ».

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Malgré les Dix Commandements qui interdisent à l’être humain de dresser des effigies à l’image de Dieu, le Christ a été très tôt représenté. Cette première œuvre nous fait entrer dans le vif du sujet : quels traits les peintres flamands ont-ils choisi de donner au Christ ? En effet, l’exposition s’intéresse tout d’abord à la figure du Christ, dont les traits sont immédiatement reconnaissables, contrairement à la plupart des personnages bibliques et mythologiques, identifiables grâce à leurs attributs.

    Malgré la fureur iconoclaste de la Réforme visant à détruire les images de Dieu et des saints pour éviter d’en faire des idoles, ils sont quelques-uns à oser incarner le divin. De rares sources existent, comme la lettre (finalement apocryphe) de Lentulus, gouverneur de Judée avant Ponce Pilate ou l’Évangile selon saint Jean.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Le peintre flamand du 15ème siècle Albrecht Bouts fait ainsi de son « Christ couronné d’épines », un homme pâle, aux cheveux bruns bouclés et à la barbe évanescente. Ce tableau fera l’objet de nombreuses répliques.

    Mais comment distinguer les Saints ou les personnages de la mythologie ? Les artistes ont eu recours à une codification précise qui s’exprime à travers des attributs. Jupiter apparait par exemple avec un aigle et Junon avec un paon.

    Quittant la sphère religieuse, le propos s’arrête ensuite sur le portrait d’apparat et les œuvres de Frans Pourbus, son meilleur représentant. Ici, point de liberté mais la recherche d’un « hyper-réalisme » à la manière photographique. On se base sur le modèle. Le visage a un poids : il sert à diffuser l’image du prince à ses sujets, à perpétuer son souvenir ou... fournit des informations physiques en vue d’un prochain mariage.

    Le parcours aborde ensuite le portrait des nobles, entre valorisation du pouvoir et ressemblance avec le modèle, dont le nom ne nous est pas toujours parvenu. Ainsi, l’identité du jeune garçon, qui figure sur l’affiche de cette exposition, demeure un mystère, malgré les nombreuses recherches des commissaires !

    Dès le début du 15ème siècle, les bourgeois, fiers de leur statut social, imitèrent cette pratique, comme l’autoritaire dame âgée, accompagnée de son chien, magnifiquement portraiturée par Frans Floris I en 1558. Comme les souverains, les bourgeois demandent rapidement à avoir leur portrait. Les premières représentations seront réalisées sur des retables d’église, c’est le cas de « M. et Mme Leys, bouchers », peints par le Bailleulois Jan De Reyn. Sur un fond volontairement sombre, rides, poils de barbe ou cheveux sont traités avec une extrême minutie.

    La dernière section détaille la pratique par les peintres flamands de l’étude de tête et montre comment un même modèle pouvait être repris dans différents tableaux. Le sourire édenté, les yeux révulsés, le nez rouge, « La Rieuse » de Van de Venne n’inspire pas la joie mais la misère de sa condition. Le visage sert, cette fois, à dépeindre, voire critiquer une réalité sociale.

    En quelque cinquante œuvres, dont la plupart issues du musée des Beaux-Arts dunkerquois, l’on redécouvre la richesse du visage et sa faculté à nous ouvrir l’au-delà.

    A travers une cinquantaine d’œuvres on découvre l’évolution de la représentation de l’être humain qu’il soit réel ou imaginaire que ce soit le christ, un roi, un riche bourgeois, un enfant ou un vieillard.

    Depuis les Primitifs, les peintres flamands se caractérisaient par un réalisme sans concession, mais aussi, et peut-être surtout, par un réel talent de physionomiste pour précisément faire surgir à la surface de la peau, l'âme du modèle.

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    Le portrait d’apparat

    Outre la figure du divin, un autre but du portrait était de diffuser largement l’image du prince et de perpétuer son souvenir, il sert aussi à fournir des informations sur le physique des époux potentiels en vue d’un mariage. C’est le cas du portrait d’apparat.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Un exemple classique est ce « Portrait de Ferdinand d'Autriche » peint par Antoon van Dyck.

    Frans Pourbus le Jeune est un des meilleurs représentants du genre. On peut aussi admirer le « Portrait d’Henriette-Marie de France », saisissant de réalisme.

    Juste à côté une tête d’enfant qui sert aussi d’affiche à l’exposition. Ce portrait est entouré de mystère, on ignore l’identité de cet enfant âge de 4 ou 5 ans et dont le riche costume indique qu’il s’agit certainement d’un prince de sang. Le réalisme de ses traits, si ce n’est l’oreille qui parait esquissée témoignent du talent de l’artiste qui est aussi demeuré inconnu.

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    Le portrait bourgeois

    Si le droit de se faire portraiturer fut réservé durant des siècles aux saints et aux souverains, dès le début du 15ème siècle ce privilège s’ouvre également aux bourgeois. Ils apparaissent d’abord en tant que donateurs sur les retables d’églises dont le sujet concerne un épisode religieux. Dans la seconde moitié du XVIème siècle les règles très strictes en matière d’habillement et d’étiquette sont reprises à grande échelle dans les anciens Pays-Bas.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Ainsi sur ces « Trois têtes masculines » de Frans Pourbus le Jeune, on est frappé par la précision quasi-photographique de la représentation. Chaque ride, chaque poil de barbe ou chaque cheveu sont traités avec une extrême minutie.

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    Les études de têtes

    A la fin du 16ème et au début du 17ème siècle, Rubens, Van Dyck et Jordaens exécutent aussi des études de têtes. L’objectif est de constituer un catalogue dans lequel leurs collaborateurs pourront puiser pour réaliser des compositions religieuses ou mythologiques. Ces modèles sont pour la plupart issus de l’entourage proche du peintre. Ainsi cette tête d’un homme barbu attribuée à Antoon van Dyck qui est exceptionnelle avec un regard d’une rare intensité. Ce portrait, comme le dit le titre de l’exposition, est le reflet d’une âme.

      * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Tête d'un homme barbu. A ce jour, l'attribution à van Dyck de ce panneau n'a pu être confirmée. Mais le traitement exceptionnel de ce visage et plus particulièrement de ce regard d'une rare intensité, suggère la main d'un grand artiste. L'identité du sujet demeure un mystère. Van Dyck réutilise ici la figure de l'homme âgé, motif de prédilection en peinture. Pourquoi ce type de personnage en particulier ? Parce qu'il peut être tour à tour apôtre, prophète, roi biblique ou dieu fleuve. La tête soutenue par une main, ce regard tourné vers le ciel, le départ de ce drapé rouge pourraient évoquer un saint, Jérôme, l'un des premiers sujets religieux exécutés par Van Dyck en 1615 certainement d'après des oeuvres de Rubens.

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    Les portraits de genre

    Enfin, la dernière section explore le portrait de genre. Dès le début du 16ème siècle, Pieter Breughel l’Ancien et surtout son fils Pieter Breughel le Jeune en sont les spécialistes : jeux, intérieurs de taverne où l’on boit et où l’on fume, joueurs de carte ou de musique. Adriaen Brouwer ou David Teniers le Jeune mettent en scène paysans ou artisans dans des compositions chargées de retranscrire leur quotidien. Le sourire édenté, les yeux révulsés, le nez rouge, « La Rieuse » de Van de Venne n’inspire pas la joie mais la misère de sa condition. Le visage sert, cette fois, à dépeindre, voire critiquer une réalité sociale, aux antipodes du portrait d’apparat ou bourgeois.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    La Rieuse. Sous le nom "Pseudo-van de Venne" furent regroupés un certain nombre de tableaux attribués à Jan van de Venne, mais c'est seulement en 1978 que Jacques Foucart l'a définitivement identifié. Il serait né à Malines vers 1604. Il se spécialise dans les scènes de genre et les têtes d'expression caricaturales. C'est sous le prisme d'un réalisme sans concession que nous apparaît ce portrait de femme. Le sourire édenté, les yeux révulsés, les rides profondes, le nez rouge témoignent du poids des années et de la misère de sa condition, aux antipodes du portrait de cour ou bourgeois.

    Cette jolie exposition étant de taille modeste, nous avons pu profiter de cette occasion pour découvrir la présentation repensée des collections permanentes et les huit œuvres déposées à Cassel, par le musée des Beaux-Arts de Dijon, pour une durée d’un an.

    Le musée départemental de Flandre vient d’acquérir une œuvre impressionnante de Simon de Vos, peintre anversois qui s’est illustré à la fois dans les scènes de genre et les portraits.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Dans cette « Scène galante », les deux personnages principaux sont représentés pratiquement grandeur nature, ce qui leur confère une présence imposante. Le traitement des visages, le rendu des émotions sont particulièrement bien représentés.

    Ce portrait de très belle qualité, représentatif du mouvement baroque vient enrichir les collections du musée en lien avec la thématique de la gourmandise. Nous avons pu le découvrir dans la salle n° 8 (la cuisine) du parcours permanent du musée. 

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    L’exposition « La figure ou le reflet de l’âme » se visite au musée départemental de Flandre, 26, Grand-Place à Cassel jusqu’au 1er avril 2018, du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, le dimanche de 10h à 18h. 

    Présentation générale du musée

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

     

    Le Musée de Flandre - (Photo Francine G. - Clio)

    Le musée est situé à Cassel, petite ville étonnante, à mi-chemin entre Lille et Dunkerque, proche de la frontière belge et du pays de Marguerite Yourcenar. Moins de 3000 habitants vivant dans cette ville ancienne, perchée sur une colline escarpée, à 176 m d’altitude, le point le plus élevé de la région. Quand on y arrive, on traverse d’abord un hameau appelé « Petit Bruxelles », et, ensuite, apparaît la route pavée et sinueuse comme une route de montagne qui mène au sommet à une place bordée de maisons séculaires. De Cassel, on domine toute la plaine. Et, du nouveau musée, on découvre les grandes étendues flamandes et leurs ciels infinis de lourds nuages, exactes copies des paysages des tableaux flamands.

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    La ville a une longue histoire et des traditions bien ancrées. C’est à Cassel que Louis XIV a remporté la victoire décisive sur les Pays-Bas et récupéré la Flandre en 1677. C’est à Cassel et, tout proche, à Steenvoorde, qu’ont surgi la révolte des villes flamandes au début du 15ème siècle et, ensuite, la révolte des Gueux en 1566. C’est à Cassel que le maréchal Foch établit son Q.G. d’octobre 1914 à avril 1915. Le nouveau musée de Flandre a d’ailleurs dû incorporer une salle à la gloire du maréchal, même si elle paraît étrange dans un parcours consacré à la Flandre ! Car les habitants de Cassel tenaient à ce qu’on garde le souvenir du passage du héros de la Grande guerre.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Statue du Maréchal Foch sur le Mont Cassel

    Le projet de musée est né il y a treize ans et a dû vaincre bien des obstacles pour se réaliser. Le département du Nord joua le rôle décisif pour un musée qui a coûté jusqu’ici 7 millions d’euros, auxquels s’ajoute 1,5 million pour construire des réserves, 1,2 million depuis 2007 pour l’achat d’œuvres d’art et 0,5 million pour la restauration d’œuvres. Une somme très importante pour un musée qui vise 50 000 visiteurs par an.

    Le musée s’est installé dans l’Hôtel de la Noble-Cour, siège de l’ancienne châtellenie fondée en 1218 par Jeanne de Flandre (La châtellenie est au Moyen Age l’unité la plus petite du découpage administratif. Elle désigne le territoire sur lequel le maître du château exerce ses droits liés, à Cassel, aux moulins présents). Le bâtiment date du 16ème siècle et fut classé monument historique en 1910. La rénovation a demandé deux ans de travaux et un démontage complet et délicat, car, disaient les architectes, « la dame est âgée et fragile ».

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

     

    Le Musée de Flandre - (Photo Francine G. - Clio)

    La façade avant (photo) est de style maniériste italien alors que l’arrière, avec ses briques et ses volets rouges, est typiquement flamand. De la cour et du jardin, on a une vue superbe sur la plaine flamande. La cour servira aussi à des spectacles tandis que le jardin sera fait d’une collection d’espèces végétales de la région. A l’intérieur, on trouve des boiseries anciennes, diverses, et un style hétéroclite.

    Le musée de Flandre a tiré parti de tous les mélanges auxquels il était confronté : un bâtiment ancien d’époques variées, des collections diverses incluant un cabinet de curiosités, des tableaux et des meubles. Le visiteur est alors invité à un parcours dans une muséographie élégante à travers les salles, les genres et les époques qui parlent du « génie » flamand et de ses caractéristiques : esprit frondeur, paysages, religiosité, dérision. Les pieds dans la boue et la tête dans l’infini du ciel.

    Le parcours, ni chronologique, ni thématique, est basé sur quatre binômes censés exprimer la Flandre.

    Le premier chapitre, « Soumission et colère », rappelle les affrontements fréquents avec les pouvoirs. On y voit des tableaux anciens de la bataille de Cassel ou l’énorme tableau académique sur les Casselois face à Philippe le Bon, plongés dans la tempête et les marais. Un tableau de 6 x 3 m qui fut peint par Francis Tattegrain en 1887. Il avait planté son immense toile au milieu des dunes à Berck plage !

    Le volet « Entre terre et ciel » est centré sur la dévotion et le paysage avec, entre autres, un beau primitif flamand récemment acquis qui se trouvait au 15ème siècle dans l’église Notre-Dame de Termonde où l’on voit le donateur Joos Vandendamme, les yeux clos signifiant sa mort. Un tableau rare avec cette iconographie et qui, de plus, a conservé son cadre d’origine. On découvre aussi un « Saint-Christophe » de Joachim Patinier (avec peut-être Quentin Metsys), et d’autres tableaux intéressants.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    « Saint-Christophe » de Joachim Patinier

    Dans chaque salle, il y a aussi des œuvres contemporaines qui ouvrent la réflexion et qui ont été réalisées parfois spécialement pour le musée, comme ce superbe tableau de Thierry De Cordier. Un tableau de « verdure folle », qu’il sous-titre, « Lors la beauté s’enfuit », où on distingue un trou noir dans la verdure à côté d’une illumination, le néant et la lumière.

     * Exposition "La figure, reflet de l'âme"

    Le chapitre « Mesure et démesure » reprend un cabinet de curiosité avec ses pièces paléontologiques diverses à côté d’un Panamarenko et de deux hiboux de Jan Fabre, exprimant « les messagers de la mort décapités ». Il est frappant de revoir des œuvres de Fabre, De Cordier ou Van Caekenberg dans un tel contexte, qui montre bien la parenté que ces artistes entretiennent avec l’histoire de l’art flamand.

    Enfin, le dernier chapitre parle de « l’ostentation et la dérision », autres caractéristiques flamandes, selon le musée, avec par exemple une grande statue du « Schijtmanneke », un homme déféquant. Leo Coppers y a déposé une œuvre faite d’un tas de lingots d’or, dont on ne sait s’ils sont vraiment faux et l’artiste a volontairement laissé un lingot sur le sol, sans protection, pour tenter le diable ! On retrouve là les doubles des deux géants de Cassel, Reuze-Papa et Reuze-maman, auxquels tiennent les habitants.

    Au final, le musée a réussi à donner une image variée et non caricaturale de la culture flamande, en profitant de quelques belles pièces de ses collections.

    Ce musée est le seul à se consacrer uniquement à la mise en lumière de l’identité culturelle de la Flandre, déclinée à travers une collection pluridisciplinaire présentée de manière originale, mêlant une grande richesse d’œuvres et objets d’art, ancien et contemporain.

    Il n’est en rien un outil de propagande. C’est une initiative du département du Nord, en France, qui a massivement investi dans un lieu chargé d’histoire et de riches collections. Car la France a aussi sa Flandre : la Flandre intérieure et la Flandre maritime, à la frontière belge, de Lille à Dunkerque.

    Ce musée ne se contente pas de la Flandre française mais ouvre les frontières et parle de toute la Flandre, mais il se situe en dehors de toute récupération politique. Il n’est pas lié à nos problèmes belges, ni porté par une revendication identitaire régionaliste ou linguistique. Mais, bien sûr, pour chaque objet, chaque cartel a des explications en français et néerlandais, et l’équipe du musée s’est mise à l’étude intensive du néerlandais !

    Guy Duplat & Sandrine Vézillier

    Propos retravaillés et synthétisés par A. B.

    Références :

    http://deredactie.be/cm/vrtnieuws.francais/magazine/1.3083470

    http://www.lalibre.be/culture/arts/le-musee-de-flandre-mais-en-france-51b8c33ee4b0de6db9bd2d63

    http://www.lefigaro.fr/voyages/2012/04/10/03007-20120410ARTFIG00534-voir-le-nord-en-peintures.php


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  • Voici quelques photos personnelles prises à l'exposition consacrée au peintre

    Jean-François Millet

    au Palais des Beaux-Arts de Lille

     * Exposition Millet - Photos personnelles   * Exposition Millet - Photos personnelles

                                      Femme faisant paître sa vache                                                           L'homme à la houe

     * Exposition Millet - Photos personnelles   * Exposition Millet - Photos personnelles

                                                 L'Angélus                                                                                      L'automne

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                                                    Le printemps                                                                  Bergère avec son troupeau

     

     Photos A. B.

     


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  • Ce vendredi 27 octobre 2017, nous sommes allés au Palais des Beaux-Arts de Lille pour voir la grande rétrospective consacrée à...

    JEAN-FRANÇOIS MILLET

    Il s’agit d’un point de vue inédit sur la postérité américaine de l'artiste.

    1. Rappelons tout d’abord qui fut Jean-François Millet.

    Jean-François Millet (4 octobre 1814 - 20 janvier 1875) est un artiste-peintre réaliste, pastelliste, graveur et dessinateur français du 19ème siècle, l’un des fondateurs de l’école de Barbizon. Il est célèbre notamment pour ses scènes champêtres et paysannes réalistes.

     * Exposition J F Millet  * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet

    Il a eu une grande influence sur des impressionnistes comme Claude Monet et Camille Pissarro, ainsi que sur Vincent van Gogh, qui a interprété certaines de ses scènes rurales. Son œuvre a également influencé l'autrichien Albin Egger-Lienz.

     * Exposition J F Millet

    Autoportrait de l'artiste

    2. Ses tableaux.

    Jean-François Millet est incontestablement l'un des plus grands peintres du 19ème siècle. Ses deux tableaux les plus célèbres sont des œuvres emblématiques de l'art occidental, sans cesse réinventées par l'art, par la publicité, par le cinéma. Il s'agit de « L'Angélus » et « Des Glaneuses ».

       * Exposition J F Millet   * Exposition Jean-François Millet

                                                                                                       Des Glaneuses                                                           L'Angélus

    Comme « Des Glaneuses » (1857), dépeignant les plus pauvres des femmes de la campagne se penchant dans les champs pour glaner les restes du champ moissonné, ses tableaux expriment une présentation forte et éternelle de la classe paysanne qui résonne encore à ce jour (« Des Glaneuses » sont conservées à Paris au musée d'Orsay).

    Son « Angélus » (1858) a été très largement reproduit sur différents objets et supports et copié ou réinterprété par d'autres artistes des 19ème et 20ème siècles. Salvador Dalí en particulier a été fasciné par ce travail, lui consacrant tout un livre (« Le Mythe tragique de l’Angélus de Millet »). Des variations de ce tableau de Millet apparaissent dans plusieurs de ses propres peintures.

    « L'Angélus » est sans doute, avec « La Joconde » (de Léonard de Vinci), le tableau le plus célèbre de l'art occidental. Paradoxalement, l'ensemble de l'œuvre de Jean-François Millet est aujourd'hui à redécouvrir.

    Une première depuis 1975, la grande rétrospective internationale organisée en 2017 au Palais des Beaux-Arts de Lille met en lumière un artiste profondément inventif et admiré de l'avant-garde, dessinateur talentueux. Trop longtemps étiqueté « peintre paysan », ses peintures et dessins révèlent avant tout l'univers sensible et poétique d'un peintre hors norme qui a profondément marqué Van Gogh, Pissarro, Seurat, Gauguin, Permeke, Dali et plus récemment Banksy.

    « Des Glaneuses » (souvent nommé à tort « Les Glaneuses ») est un tableau de Jean-François Millet, peint en 1857 et présenté la même année au « Salon ».

    Ce tableau s'inscrit dans une série de peintures de Millet illustrant la vie paysanne. En voici quelques exemples :

     * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet

                  Les planteurs de pommes de terre                 La récolte des pommes de terre                         Le repos des faneurs                              La naissance du veau

    Fidèle à l'un de ses sujets favoris, la vie paysanne, Millet livre dans « Des Glaneuses » le résultat de dix années de recherches autour du thème des glaneuses. Ces femmes incarnent le prolétariat rural. Elles sont autorisées à passer rapidement, avant le coucher du soleil, dans les champs moissonnés pour ramasser un à un les épis négligés. Le peintre en représente trois au premier plan, dos cassé, regard rivé au sol. Il juxtapose ainsi les trois phases du mouvement répétitif et éreintant qu'impose cette âpre besogne : se baisser, ramasser, se relever. Leur austérité s'oppose à l'abondance de la moisson au loin : meules, gerbes, charrette et la multitude de moissonneurs qui s'agitent. Ce foisonnement festif et lumineux paraît d'autant plus lointain que le changement d'échelle est abrupt. La lumière rasante du soleil couchant accentue les volumes du premier plan et donne aux glaneuses un aspect sculptural. Elle souligne vivement leurs mains, nuques, épaules et dos et avive les couleurs de leurs vêtements.

    Puis, lentement, Millet estompe les lointains pour produire une atmosphère dorée et poudreuse, accentuant l'impression bucolique de l'arrière-plan. Le personnage à cheval, isolé à droite est vraisemblablement un régisseur. Chargé de surveiller les travaux réalisés sur le domaine, il veille également à ce que les glaneuses respectent les règles liées à leur activité. Sa présence ajoute une distance sociale en rappelant l'existence des propriétaires dont il est l'émanation. Sans user d'anecdotes pittoresques, par des procédés plastiques simples et sobres, Millet confère à ces glaneuses, pauvres sans doute, mais pas moins dignes, une valeur d'emblème, dénuée de tout misérabilisme.

    3. Millet USA.

    Directement inspiré du mythe des grands espaces et de la conquête du Nouveau monde, « Millet USA », le volet contemporain de l'exposition 2017 à Lille, explore la postérité américaine de l'artiste à travers les œuvres de poètes, de peintres, de photographes et de cinéastes, d'Edward Hopper à Patti Smith, en passant par Dorothea Lange, Terrence Malick ou Mat Collishaw.

    La rénovation des salles où sont accrochées ces œuvres offre l'opportunité d'organiser, pour la première fois « hors les murs », une exposition autour de l'ensemble des Millet du Musée d'Orsay. Les plus grandes collections d'œuvres de Millet se trouvent en effet à Paris au musée d'Orsay, au musée des beaux-arts de Boston, au musée Thomas-Henry de Cherbourg-Octeville et au Metropolitan Museum of Art de New York.

    Les Millet du musée d'Orsay offrent la particularité d'être représentatifs de toutes les facettes de la carrière du peintre. On y découvre ses premiers portraits réalisés après ses études à Cherbourg son travail à Barbizon, ses talents de paysagiste et, bien sûr, ses représentations de paysans, thème au cœur des préoccupations du peintre.

     * Exposition J F Millet  * Exposition J F Millet 

                                                                  Homme greffant un arbre                                                                                                       Les scieurs de bois

      * Exposition J F Millet

    Un après-midi dans la maison (Paysans endormis)

      * Exposition J F Millet  * Exposition J F Millet  * Exposition J F Millet  

                                                                            Le Semeur                                            La Petite Bergère                                 Le départ pour le travail                   

     * Exposition J F Millet

    L'église de Gréville

    L'exposition est ainsi conçue comme un hommage complet rendu à Millet, « l'un des artistes qui ont le plus profondément cherché l'expression de la vie, qui ont fait parler non seulement les êtres mais les choses », disait Jules Breton. Elle est l'occasion de donner à voir des œuvres exceptionnelles, qui font partie de l'imaginaire national français et permet de faire connaître une page de la civilisation française.

    Contrairement à la plupart de ses confrères pour lesquels la nature ou les animaux constituent l’essentiel de leurs sources d’inspiration, Jean-François Millet s’est surtout intéressé à la vie des paysans. Lui-même était issu d’une famille rurale aisée du Cotentin.

    Sa maison natale, au village de Gruchy dans la commune de Gréville-Hague, a été reconstruite à l’identique et meublée comme une maison paysanne du 19ème siècle. On y peut découvrir de nombreuses copies de ses tableaux.

    4. Quelques tableaux de Millet ont plus particulièrement retenu notre attention.

    4. 1. Analyse du tableau « Un vanneur »

     * Exposition J F Millet

    Cette peinture est une variante tardive d'une oeuvre présentée par Millet au Salon de 1848 sous le même titre et achetée par Ledru-Rollin, alors ministre de l'Intérieur de la toute jeune Seconde République. Millet ouvrait ainsi une nouvelle voie dans son art. Abandonnant les mythologies et le pittoresque, il avait trouvé son héros : le paysan.

    Le vanneur est ici saisi dans la réalité de son travail, le geste est observé avec précision. Il soulève le van de son genou, secoue le grain, faisant ainsi voleter des paillettes d'une poussière qui emplit la grange et donne au tableau une atmosphère dorée. Tout l'art de Millet est présent ici, ses larges simplifications, ses grandes localisations de tons, la qualité de ses teintes, de ses rapports de valeurs et surtout, la présence de grandes figures pensées comme des allégories.

    Cette toile fut largement commentée en 1848. Gautier donne le ton : « Il est impossible », écrit-il alors, « de voir quelque chose de plus rugueux, de plus farouche, de plus hérissé, de plus inculte », mais il ajoute « eh bien, ce mortier, ce gâchis épais à retenir la brosse est d'une localité excellente, d'un ton fin et chaud quand on se recule à trois pas. Ce vanneur [...] se cambre de la manière la plus magistrale ». Dans cette version tardive, Millet souligne encore plus l'effort du paysan dans la courbure du corps. Courbet fut un grand admirateur du « Vanneur », et il l'eut sans doute à l'esprit lorsqu'il entreprit l'année suivante « Les casseurs de pierre » (œuvre détruite lors des bombardements de Dresde au cours de la Seconde Guerre Mondiale).

    4. 2. Analyse du tableau « Des glaneuses »

     * Exposition J F Millet

    Des Glaneuses

    Fidèle à l'un de ses sujets favoris, la vie paysanne, Millet livre dans ce tableau le résultat de dix années de recherches autour du thème des glaneuses. Ces femmes incarnent le prolétariat rural. Elles sont autorisées à passer rapidement, avant le coucher du soleil, dans les champs moissonnés pour ramasser un à un les épis négligés. Le peintre en représente trois au premier plan, dos cassé, regard rivé au sol. Il juxtapose ainsi les trois phases du mouvement répétitif et éreintant qu'impose cette âpre besogne : se baisser, ramasser, se relever. Leur austérité s'oppose à l'abondance de la moisson au loin : meules, gerbes, charrette et la multitude de moissonneurs qui s'agitent. Ce foisonnement festif et lumineux paraît d'autant plus lointain que le changement d'échelle est abrupt. La lumière rasante du soleil couchant accentue les volumes du premier plan et donne aux glaneuses un aspect sculptural. Elle souligne vivement leurs mains, nuques, épaules et dos et avive les couleurs de leurs vêtements.

    Puis, lentement, Millet estompe les lointains pour produire une atmosphère dorée et poudreuse, accentuant l'impression bucolique de l'arrière-plan. Le personnage à cheval, isolé à droite est vraisemblablement un régisseur. Chargé de surveiller les travaux réalisés sur le domaine, il veille également à ce que les glaneuses respectent les règles liées à leur activité. Sa présence ajoute une distance sociale en rappelant l'existence des propriétaires dont il est l'émanation. Sans user d'anecdotes pittoresques, par des procédés plastiques simples et sobres, Millet confère à ces glaneuses, pauvres sans doute, mais pas moins dignes, une valeur d'emblème, dénuée de tout misérabilisme.

    Le labeur paysan, Millet le représente tel qu’il l’a vécu : âpre, fatigant. Le tableau traduit l’effort du corps, ployé dans une position douloureuse. Pire : la tâche est répétitive et aliénante. Une des difficultés, pour un peintre, est de figurer le mouvement. Millet y parvient par un procédé habile : à travers la posture des trois femmes, il juxtapose –de gauche à droite- les trois phases de l’acte de glaner : se baisser, ramasser, se relever. Et recommencer, en une sorte de mouvement perpétuel et décomposé, à la façon d’un travail à la chaîne, accompli par des anonymes. Anonymes… Car elles ont beau figurer en gros plan, elles sont dotées de visages à peine discernables, non caractérisés. Elles n’ont pas d’existence propre. Clones interchangeables, elles se résument à leur fonction. Des glaneuses, et non les glaneuses. C’est subtil et impressionnant.

    Du coup, les choses semblent se mettre naturellement en place. A l’arrière-plan, les meules du maître offrent en spectacle une abondance dont elles sont exclues. La présence du régisseur, à cheval sur la droite, ajoute une distance sociale en rappelant l’existence des propriétaires dont il est le représentant par métonymie, tout en incarnant la loi.

    Avec ce tableau, Millet réussit un coup de force : réunir plastiquement, dans le même espace, deux mondes qui ne se rencontrent pas, et mettre ainsi en scène le prolétariat campagnard côtoyant la classe au pouvoir qui l’ignore. Surinterprétation ? Elle est corroborée par certains propos de Millet, dépourvus d’ambiguïté : «  Je me refuse à montrer ce travail gai et folâtre auquel certaines gens voudraient nous faire croire ». Et il ajoute même : «  Je regrette de troubler les heureux dans leur repos ».

    4. 3. Analyse du tableau « L'Angélus »

     * Exposition J F Millet

    L'Angélus

    Un homme et une femme récitent l'angélus, prière qui rappelle la salutation de l'ange à Marie lors de l'Annonciation. Ils ont interrompu leur récolte de pommes de terre et tous les outils, la fourche, le panier, les sacs et la brouette, sont représentés. En 1865, Millet raconte : « L'Angélus est un tableau que j'ai fait en pensant comment, en travaillant autrefois dans les champs, ma grand-mère ne manquait pas, en entendant sonner la cloche, de nous faire arrêter notre besogne pour dire l'angélus pour ces pauvres morts ». C'est donc un souvenir d'enfance qui est à l'origine du tableau et non la volonté d'exalter un quelconque sentiment religieux, Millet n'est d'ailleurs pas pratiquant. Dans une scène simple, il souhaite fixer les rythmes immuables des paysans. Ici, l'intérêt du peintre se porte sur le temps de la pause, du repos.

    Isolé au premier plan, au milieu d'une plaine immense et déserte, le couple de paysans prend des allures monumentales, malgré les dimensions réduites de la toile. Leurs visages sont laissés dans l'ombre, tandis que la lumière souligne les gestes et les attitudes. La toile exprime ainsi un profond sentiment de recueillement et Millet dépasse l'anecdote pour tendre vers l'archétype.

    C'est sans doute ce qui explique le destin extraordinaire de « L'Angélus » : objet d'un incroyable engouement patriotique lors de sa tentative d'achat par le Louvre en 1889, vénéré par Salvador Dali, lacéré par un déséquilibré en 1932 et devenu au cours du 20ème siècle une icône mondialement célèbre.

    4. 4. Analyse du tableau « La Becquée »

     * Exposition J F Millet

    La Becquée

    Devant la maison, une femme, probablement la mère de famille, nourrit trois jeunes enfants. Les petits sont sagement installés sur le seuil, et attendent que vienne leur tour. Ils sont chaussés de sabots de bois, un tablier bleu vient recouvrir une robe plus longue, ils portent tous un petit bonnet.

    L’enfant du milieu, un garçon peut-être (ne nous fions pas à la robe, qui était portée jusqu’au début du 20ème siècle par les jeunes enfants des deux sexes), qui semble être le plus jeune, avance la tête pour avaler la nourriture qui lui est présentée à l’aide d’une grande cuillère de bois. Son geste rappelle celui de l’oisillon qui réclame la becquée attendue et a donné son nom au tableau. Son bonnet rouge bordé d’un ruban doré fait une tache colorée sur une toile aux couleurs sourdes. La petite fille à sa gauche lui tient la main et l’épaule d’un geste tendre. Son regard accompagne son geste. De l’autre côté, la plus grande tient une poupée dans ses bras.

    La mère, simplement vêtue, a le visage dans l’ombre. Toute concentrée sur son activité du moment, on devine qu’elle esquisse un sourire. Elle tient fermement sur ses genoux le plat qu’elle a préparé.

    Des poules viennent animer l’ensemble. Un homme, au travail des champs, en train de bêcher derrière la maison, se laisse découvrir en suivant la ligne formée par les têtes des autres personnages.

    La maison en pierre, bien ancrée dans la terre, inscrit cet instant saisi sur le vif dans la continuité et dans la durée. Au premier plan, un panier, dont on distingue mal le contenu, est renversé. Cette scène toute tranquille, pleine de douceur, illustre une vie à la campagne modeste, proche de la nature et sereine.

     * Exposition J F Millet

    Le dessin préparatoire, conservé au Louvre, permet de découvrir le travail du peintre avant qu’il ne commence à toucher sa toile, et de se rendre compte de l’évolution entre les études et l’œuvre définitive.

    4. 5. Analyse du tableau « Le printemps »

     * Exposition J F Millet

     * Exposition J F Millet

     

    Le printemps

    Cette peinture fait partie d'un cycle des saisons qui occupa Millet pendant les dernières années de sa vie. Il lui fut commandé par Frédéric Hartmann, un des mécènes de Théodore Rousseau, en mars 1868.

    Jean François Millet a peint « Le Printemps » entre 1868 et 1873. Cette peinture est un paysage, elle représente un jardin potager dont une partie est lumineuse et l’autre partie est obscure. Jean François Millet participe du mouvement réaliste et particulièrement dans cette œuvre. Il a réalisé le tableau « Le printemps » à la fin de sa vie, il se peut que ce soit l’un de ses derniers tableaux. Pour cette peinture, Millet utilise la technique de l’huile sur toile. Celle-ci est exposée actuellement au Musée d’Orsay à Paris.

    La verdure donne une sensation de vie, de plus, elle est illuminée d’un rayon de soleil qui vivifie la pelouse. L’arbre est fleuri et embelli grâce à la force de la lumière. D’un autre côté, un autre arbre agonise, il perd ses feuilles à cause de l’obscurité qui semble lui être fatale. Il n’y a plus d’espoir pour la verdure prise dans les ténèbres. Mais l’arc en ciel en arrière-plan me donne l’impression qu’il y a de l’espoir car après la pluie vient le beau temps, synonyme de soleil et donc de lumière.

    Cette peinture « Le Printemps », me donne l’impression d’une métaphore de la vie avec ses hauts et ses bas. Lorsque la fatalité nous frappe, nous penchons du côté du mal, le moral décline, le cœur se contracte, on perd la force de poursuivre. Lorsque nous sommes touchés par le bonheur, on change du tout au tout, l’envie de bien faire reste présente, notre force est décuplée, notre corps se sent revivre. Voilà ce qui m’a touché dans ce tableau qui peut parler à tous.

    Millet y travailla épisodiquement jusqu'à sa mort, acheva « Le Printemps » en mai 1873, « L'Eté » et « L'Automne » en 1874, mais laissa « L'Hiver » inachevé. « Le printemps » est un des derniers tableaux du peintre de l'école de Barbizon.

    « Le Printemps » est d'abord une peinture de paysage, genre auquel Millet se consacre davantage depuis 1865. Il ne laisse que peu de place à l'homme – petite figure de paysan sous l'arbre au centre – mais est l'expression d'une rencontre, d'un dialogue teinté de lyrisme et de poésie entre l'homme et la nature. Celle-ci y est précisément observée, notamment avec ces petites fleurs qui émaillent le bord du chemin. Il s'agit d'une nature aimée et habitée. On y a planté un verger, installé une route, bâti une barrière (protection contre la nature sauvage que l'on aperçoit au fond). Ici, tout est symbole : la course des nuées d'orage, la terre lilas brun, les branches dépouillées et coupées aux arbres suggèrent la fuite de l'hiver tandis que les arbres en fleur, la verdeur claire de la forêt sont signes du renouveau printanier.

    Le thème est classique - il fut notamment traité par Poussin – mais Millet l'aborde avec une volonté expressive dans la représentation de la nature. Par la simplicité du sujet, par le sentiment qu'il exprime des variations de la lumière, Millet se rattache à la tradition du paysage de son ami Rousseau, et au-delà à celle de Constable ou Ruysdaël, mais par ses couleurs étonnamment fraîches, par sa façon de capter l'instant, il se rapproche des Monet, Bazille ou Renoir qui fréquentaient la forêt de Fontainebleau à cette date, avant que le nom d'impressionnistes leur soit attribué.

    4. 6. Analyse du tableau « Bergère avec son troupeau »

     * Exposition J F Millet

     

    Bergère avec son troupeau

    « Bergère avec son troupeau » est un tableau de Jean-François Millet, peint vers 1863, peinte après « Les Planteurs de pommes de terre » et avant « La Méridienne ». Exposé au Salon de 1864, ce tableau fut apprécié par la critique. Reprenant les thèmes chers au peintre, comme le labeur, la bergère, les champs, Millet s'est toutefois détaché de tout ce qui avait été peint auparavant. Jamais le monde rural n'avait atteint une telle justesse et une telle beauté dans la simplicité.

    Si Millet peint ainsi le monde pastoral, c'est aussi et avant tout parce qu'il était attaché à l'homme. Quand il peint un paysan, c'est avant tout un homme vrai placé dans son milieu qu'il peint. Pour Millet, la relation entre l'homme et la nature est primordiale et notre mentalité est constituée des liens qui nous unissent à certains lieux. Un homme se comprend à travers le lieu où il évolue, et c'est dans les forêts, dans les champs labourés, que Millet trouve la paix, la plus grande humanité. Ainsi, son tableau représente le dur labeur d'une bergère, qui éprouve quelques secondes de répit pendant que son troupeau paît.

    Le calme, la sérénité et l'harmonie triomphent sur cette toile. Vêtue d'une capeline de laine et coiffée d'un capuchon rouge, une jeune bergère (peut-être la propre fille du peintre) se tient debout en avant de son troupeau. Elle tricote, le regard baissé vers son ouvrage. Dans un paysage monotone, qui s'étend sans le moindre accident jusqu'au lointain, elle est seule avec ses animaux. Le troupeau forme comme une tache de lumières ondulantes, reflets des embrasements du soleil couchant. La scène est admirable de justesse et de mélancolie. Millet a su observer jusqu'aux moindres détails, telles les petites fleurs du premier plan. Il joue de la parfaite harmonie des bleus, des rouges et des dorés.

    Dès 1862, Millet pensait à un tableau de bergère gardant ses moutons. Il n'en parlait à personne, mais Alfred Sensier raconte que le thème « s'était emparée de son esprit ». Une fois achevée, cette œuvre fut présentée au Salon de 1864 où elle reçut un accueil chaleureux. « Tableau exquis » pour les uns, « chef-d’œuvre » pour les autres, la scène des plus paisibles séduit tous ceux qui préfèrent l'évocation des idylles champêtres à celles de la misère paysanne. Bergère avec son troupeau obtient même une médaille et l'Etat, jusqu'alors fort peu intéressé par Millet, souhaite l'acquérir. Mais l'œuvre a déjà été promise au collectionneur Paul Tesse. Comme nombre d'autres Millet, ce tableau entre finalement dans les collections nationales en 1909, grâce legs d'Alfred Chauchard, le directeur des Grands magasins du Louvre.

    5. Une scène d’intérieur, plutôt que de travaux des champs

    Moins fréquentes dans l’œuvre de Millet que les représentations de travaux des champs, les scènes d’intérieur jalonnent cependant sa production depuis la fin des années 1840. « La Couseuse » peut notamment être rapprochée de « La leçon de tricot » de 1869, qui montre également des figures coupées à mi-jambe se détachant sur un fond neutre structuré simplement par quelques éléments de mobilier.

      * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet

                             La Couseuse                                       Bergère tricotant                                         La leçon de tricot                                           La tricoteuse

                                                                                             dans la campagne de Barbizon   

      * Exposition Jean-François Millet   * Exposition Jean-François Millet

                                                                                                Pauline Ono en déshabillé                         Pauline Ono en robe bleue

     * Exposition J F Millet

    La Charité

    6. Une femme occupée à une tâche domestique

    Ces scènes dans laquelle des femmes sont occupées à des tâches domestiques dégagent une atmosphère paisible soulignée par la lumière qui modèle doucement les formes. La simplicité des occupations comme celle des vêtements et du mobilier dépeint avec cohérence la vie de la population rurale, sans aucun misérabilisme.

      * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet   * Exposition J F Millet

                            La précaution maternelle                                   Le chuchotement                                     La brûleuse d'herbes                                   Famille de paysans

    Le triangle formé par la tête, le bras et les mains de la couseuse, absorbée par son travail, concentrent l’attention sur son geste attentif. La gamme de couleurs majoritairement froide et neutre est réveillée par la tache claire du vêtement posé sur les genoux de la couseuse ainsi que par son col blanc et le ruban rouge de ses ciseaux accrochés au dossier de la chaise.

    « La Couseuse » a été léguée à l’État par Hélène Cuvelier, petite-fille des aubergistes Ganne.

    En guise de conclusion :

    Millet est considéré comme un peintre réaliste, mais il a eu une grande influence sur des impressionnistes tels que Claude Monet et Camille Pissarro, et surtout sur Vincent van Gogh, qui a reproduit à sa façon la plupart de ses scènes rurales.

    Trois bonnes raisons de franchir les portes du Palais des Beaux-arts :

    1. Redécouvrir Jean-François Millet
    La première bonne raison de franchir les portes du Palais des Beaux-arts, c’est pour découvrir ou redécouvrir sa production magistrale de portraits, puis de paysans. Il est d'ailleurs souvent qualifié de peintre paysan.
    Au fil du temps Jean-François Millet va donner de plus en plus de place à la nature qui fera, dans ses derniers tableaux, disparaître complètement la présence de l'homme.

    2. Un peintre proche de la nature
    La deuxième bonne raison de découvrir l'oeuvre de Jean-François Millet, c’est de voir à quel point son univers décrit dans ses oeuvres est lié à notre actualité, dans laquelle on cherche à redonner une place à la nature.

    3. L'influence de Millet aux USA
    La troisième bonne raison de visiter la rétrospective de Jean-François Millet, c'est de découvrir à quel point il a influencé le cinéma américain et la photographie. 

    Donc : Merveilleuse exposition, à voir et à revoir !

    A. B. 

    Lien vers : mes photos personnelles

     


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  • Ce dimanche 8 octobre 2017, nous sommes partis sans préparatifs en excursion à Arras. Notre but était d'aller visiter une exposition consacrée à NAPOLÉON.

    Le musée des Beaux-Arts d'Arras en partenariat avec le château de Versailles organisent pour la troisième fois une superbe exposition.

     * Exposition NAPOLEON à Arras

     

    Une photo personnelle de l'affiche de l'exposition

    Napoléon : Images de la légende

    Plus de 200 ans après le mariage de l'empereur dans la ville, le musée des Beaux-Arts rend hommage à l'un des personnages les plus emblématiques de l'histoire de France.

      * Exposition NAPOLEON à Arras  * Exposition NAPOLEON à Arras  * Exposition NAPOLEON à Arras   * Exposition NAPOLEON à Arras

     

    Photos prises par mon épouse

    Plus d'une centaine d'oeuvres sont présentées au public autour du célèbre empereur. Cette exposition montre la vie de Napoléon de la conquête à l'exil à travers 161 œuvres : tableaux, sculptures, objets d'arts... pour permettre aux spectateurs de mieux comprendre qui était Napoléon, "le communicant le plus complet et le plus moderne de notre histoire".

      * Exposition NAPOLEON à Arras  * Exposition NAPOLEON à Arras

    Photos prises par mon épouse

    Ces pièces proviennent exclusivement des collections du château de Versailles. On ne le sait pas assez, mais c’est à Versailles que se trouve la plus grande collection napoléonienne au monde. Et ce, grâce à Louis-Philippe qui, en 1837, décida d’y créer un musée de l’histoire de France dédié aux gloires de la nation. 

    De Clovis jusqu’à Louis-Philippe. Forcément, la partie napoléonienne est importante. Des tableaux trustant les livres d’Histoire ont fait le déplacement à Arras. On pense au Général Bonaparte à Arcole de Gros et Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard de David.

    Des œuvres qui ne font pas partie du circuit traditionnel des visiteurs de Versailles. Alors, réunir autant de pièces sur Napoléon, c’est très rare. Pour ce rendez-vous arrageois, le choix a été fait de retracer le parcours de Napoléon, de sa première campagne en Italie au retour de ses cendres à Paris en 1840. L’exposition suit un découpage chronologique, permettant de suivre la vie de l’Empereur et d’évoquer la Cour impériale. Ce qui a été privilégié, c'est la chronologie des évènements. Les organisateurs ont aussi évité de trop évoquer les batailles. Le but est de présenter un Napoléon intime. C’est une exposition qui n’est pas à la gloire de l’Empereur. Ce qui est plutôt évoqué, c'est le destin fulgurant d’un homme qui est devenu le maître de l’Europe.

    Batailles, conquêtes et vie de famille : Napoléon s'est toujours mis en scène dans des tableaux. C'est bien ce que montre cette belle exposition qui regroupe des tableaux des peintres les plus représentatifs de l’Empire (François Gérard, Antoine-Jean Gros, Robert Lefèvre, Louis-François Leujeune …) et présente les oeuvres emblématiques de cette période : Bonaparte franchissant le Grand Saint Bernard de Jacques-Louis David ; le Général Bonaparte à Arcole d’Antoine-Jean Gros ; la Bataille des Pyramides de Louis-François Lejeune …

    Tout au long de sa vie, de Napoléon général à l'empereur Bonaparte, il a su utiliser le travail des artistes pour se façonner une image. Les mises en scènes voulues par Napoléon devenaient des tableaux, célèbres encore aujourd'hui, mais aussi des gravures, reproduites dans la presse. "Napoléon et son entourage ont su utiliser l'art pour affirmer et construire un pouvoir, diffuser sa gloire et devenir un incontournable". Partout, c'est l'image du commandement que l'on retrouve, notamment à travers des symboles.

    L'exposition retrace, au travers des riches collections versaillaises, l’histoire de Napoléon, du général Bonaparte à l’Empereur déchu. L’exposition montre aussi comment, très tôt, Napoléon a souhaité écrire lui-même et montrer sa légende pour la postérité en commandant de nombreux tableaux commémorant les grands épisodes de sa vie (décisions, batailles, …). Napoléon avait compris très tôt le pouvoir de l'image et du texte. Il a écrit son histoire officielle et la fait représenter par des artistes. De la communication politique, en somme. 

    Pour la première fois, une centaine d’œuvres emblématiques des collections napoléoniennes du château de Versailles, pour la plupart commandées directement par Napoléon, ont été réunies et présentées au public. Certaines sont des chefs-d’œuvre emblématiques et universellement connus : la colonne d’Austerlitz en porcelaine de Sèvres ou encore la sculpture de Vincenzo Vela: les derniers jours de Napoléon à Saint Hélène.

      * Exposition NAPOLEON à Arras   * Exposition NAPOLEON à Arras   * Exposition NAPOLEON à Arras   * Exposition NAPOLEON à Arras

    Photos prises par mon épouse

    Peintures, sculptures, mobilier, révélant la richesse et la qualité de la production artistique de l’époque, mènent le public sur les traces de Napoléon Bonaparte dont le destin unique marqua une page inoubliable de l’histoire de la France et de l’Europe. 

    Cette exposition est aussi l’occasion de découvrir des oeuvres peu connues, témoignages précieux de l’époque impériale et de la façon dont Napoléon lui-même a façonné son image politique et sa propre légende. Les meubles et objets d’art présentés sont une sélection d’objets, représentatifs du style Empire, conçus principalement par le grand ébéniste de l’Empire, Jacob-Desmalter, pour le Grand Trianon ainsi que pour les Palais des Tuileries, de Compiègne ou de l’Elysée.

     * Exposition NAPOLEON à Arras  * Exposition NAPOLEON à Arras 

     * Exposition NAPOLEON à Arras  * Exposition NAPOLEON à Arras

     * Exposition NAPOLEON à Arras  * Exposition NAPOLEON à Arras

    Photos prises par mon épouse

    Cette exposition se tient au musée des Beaux-Arts d'Arras du 7 octobre 2017 au 4 novembre 2018, Abbaye Saint-Vaast - 22, rue Paul Doumer à 62000 Arras. A ne pas manquer !!!

     A. B.


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